Le boulimique musical que je suis s’est laissé charmer par la noirceur de novembre. Voilà que pour la deuxième fois en quelques mois, j’ai perdu le goût d’alimenter cette chose numérique, et ce, à l’avantage du cocooning. Je redécouvre ainsi le confort de mon salon et les plaisirs interdits de la musique en solitaire. Je me suis épuisé des lieux remplis de hipsters. Dernièrement, dans la 80, je me suis surpris à snober du regard un couple de jeunes du Mile-End vêtus de fluo et de leggings. C’est pour dire…
Ce week-end, j’ai tout de même fait exception. Vendredi, je suis sorti de ma tannière pour m’enfermer dans une la caverne du Zoobizarre avec aKido. Première partie groovy de Maxime Robin, derrière son portable. Moment parfait pour prendre des nouvelles des amis et oublier que je suis encore dans un concert. aKido et son équipe interrompent les discussions animées autour de l’avenir de cet espace virtuel. Malgré le peu de différences avec ses deux mini-albums studio, aKido est vraiment mieux live. Plus rock et, surtout, plus organique. Encouragé par MF, qui me rappelle mon devoir de bon blogueur, je tente de capter le moment avec ma caméra Fisherprice. Un seul cliché raté et je renonce à faire des miracles photographiques dans des conditions de mauvais éclairage. Je range aussitôt la caméra dans ma poche de jeans pour apprécier le moment présent. Désolé chers lecteurs…
Hier soir, j’ai poursuivi ma lutte contre le spleen automnal. Je suis sorti pour le concert de M.I.A. au Métropolis. Même si je l’avais mise aux rencarts vendredi dernier, je décide de traîner ma caméra. Ma carrière de blogueur ne s’éteindra certainement pas à cause d’une caméra médiocre. Pendant l’entracte qui suivit la souriante prestation old-school des Cool Kids, je m’étais dit que j’essaierais bien de dompter la bête qui se terrait dans mes culottes (la caméra, bien entendu!). Les cris de la foule m’ont ramené à la réalité. C’est sur les notes de Bamboo Banga qu’une M.I.A. encore plus explosive qu’au Osheaga en septembre dernier fait son entrée, au plus grand plaisir d’un Métropolis à guichets fermés. Accompagnées de présentations multimédia de grande qualité, M.I.A. et son équipe (un DJ et deux choristes en spandex) ont déchargé leurs munitions remplies de basses dévastatrices. À l’exception de quelques problèmes de son, l’ensemble était électrisant et splendide.
Sortie du Métropolis. Bises à l’amie devant La Belle Province, puis je file prendre le bus. Pendant que la neige tombait à l’intersection du Parc et Laurier, le spleen s’est subtilement glissé à bord de l’autobus. Étrangement, je l’invite à prendre place à mes côtés. Nous regardons la fenêtre embuée, silencieux. Nous écoutons Burial. Me voilà réconcilié avec lui.
Et les photos? Oubliez ça…



